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  • Laurent Thibault MONTET
  • Docteur en droit privé.
  • Docteur en droit privé.

Thèse : "Le dualisme des ordres juridictionnels"

Thèse soutenue le 27 novembre 2014 en salle du conseil  de la faculté de droit de l'Université de Toulon

Composition du jury:

Le président

Yves STRICKLER (Professeur d'université à Nice),

Les rapporteurs: 

Mme Dominique D'Ambra (Professeur d'université à Strasbourg) et M. Frédéric Rouvière (Professeur d'université à Aix-en-Provence),

Membre du jury:

Mme Maryse Baudrez (Professeur d'université à Toulon),

Directrice de thèse :

Mme Mélina Douchy (Professeur d 'Université à Toulon).

laurent.montet@yahoo.fr


19 juillet 2025 6 19 /07 /juillet /2025 17:55
Biodiversité : un avertissement à venir pour 28 millions de propriétaires ? Encore rien d’effectif au 19 juillet 2025

Depuis plusieurs mois, les médias relayent une information qui interpelle : à compter du 1er juillet 2025, des millions de propriétaires pourraient recevoir un courrier d’avertissement pour non-respect des exigences écologiques dans leur jardin. En réalité, aucun courrier n’a encore été envoyé, car le dispositif n’est pas juridiquement et administrativement opérationnel.

 

Un cadre légal posé, mais incomplet

Le fondement juridique existe bel et bien. La loi n° 2023‑580 du 10 juillet 2023 a instauré la possibilité d’un audit environnemental à visée pédagogique, et la loi n° 2025‑391 du 30 avril 2025 a précisé les délais de mise en œuvre. L’intention du législateur est claire : sensibiliser massivement les particuliers aux enjeux de biodiversité, à travers un courrier personnalisé détaillant les améliorations attendues. Mais pour que ce projet devienne réalité, il manque une étape essentielle : la publication des textes d’application (décrets, arrêtés) définissant les critères écologiques, le contenu du courrier, et la procédure d’identification des foyers concernés. À ce jour, ces textes ne sont pas encore publiés au Journal Officiel.

 

Où en est-on concrètement ?

Contrairement à ce que suggèrent certains titres accrocheurs, aucun propriétaire n’a encore été destinataire de ce courrier. Ni La Poste, ni les préfectures, ni les collectivités territoriales n’ont confirmé une mise en œuvre effective du dispositif. Il ne s’agit donc pas d’un retard administratif, mais bien d’un dispositif suspendu à l’attente de précisions réglementaires. En l’absence de ces normes, ni le diagnostic des jardins ni les critères de conformité ne peuvent être formellement appliqués.

 

Une ambition pédagogique, pas encore contraignante

L’objectif affiché est de responsabiliser sans sanctionner : inviter les particuliers à repenser leur jardin, favoriser les plantes locales, réduire l’usage des pesticides, créer des refuges pour la faune, etc. Le courrier envisagé serait accompagné de fiches conseils, d’un plan d’action personnalisé, d’un accès à des ateliers gratuits ou de subventions locales.

Mais sans cadre clair, ce projet risque pour l’instant de rester une intention suspendue, sans effet réel ni lisibilité pour les citoyens.

 

Une transition à construire, pas à imposer

Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas simplement la réglementation des espaces privés, mais la manière dont l’État mobilise les citoyens dans la transition écologique. En choisissant la voie pédagogique, les pouvoirs publics montrent une volonté d’accompagnement. Mais cette volonté ne peut porter ses fruits que si elle est traduite dans un dispositif clair, structuré, et équitablement appliqué.

 

« Un jardin peut être un espace de loisirs, de production ou de contemplation. Il est aujourd’hui aussi un levier de résilience écologique. Encore faut-il que la politique publique soit à la hauteur de cette ambition. »

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